L’affaire est réglée. Enfin presque, comme toujours… – Balek, Episode 39.

Djee et moi sommes installés en angle, sur une table au fond du resto, à l’écart.
Elle est sur la réserve; à son regard, je devine qu’elle me met en position de me justifier sur mon comportement.
Rien de tel pour m’agacer. Je n’ai en aucun cas à me justifier de ce je fais ou ne fais pas.
Expliquer à la rigueur. Histoire de la soulager, voire de la rassurer, histoire de ne pas la laisser baigner dans son doute.
“Faut pas te sentir concernée par la manière dont j’agis, Djee
- ah oui? Tu me rassures là…
Aie elle injecte de l’ironie dans le débat.
“Ecoute moi bien…
Je lui explique qu’elle me plait. Qu’elle me plait bien. Qu’elle me plait vraiment. Trop, même.
Je lui explique que je ressens comme un devoir d’aller jusqu’au bout de mes convictions, de ce que je peux écrire.
Que je ne peux pas, ni ne dois, me laisser distraire.
“Rester concentré sur mon objectif à 100%, tu comprends? Mettre toutes mes forces dans la bataille.”
Elle comprend avec un total désintérêt.
Puis elle fait sa synthèse.
“En bref, je ne te branche pas.”
Ca s’appelle prêcher le faux, ça…
Je suis rôdé à ça. On ne me la fait pas.
Reformulons.
“Je n’ai jamais dit ça. Il me semble même t’avoir dit le contraire. Tu me plais beaucoup. Enormément. Et pas que physiquement. Claro? Mais aujourd’hui, je n’ai pas les moyens de cette émotion. Je dois être tout à mes scribouillages. Tu comprends?
- non
-…
- je ne vois pas en quoi cela pourrait être incompatible l’émotion et l’écriture. Je connais des tas d’écrivains qui écrivaient ET étaient amoureux
- ah ouais? qui?
- ben je sais pas moi… des tas…
- tu es quelqu’un de chouette, Djee. En d’autres circonstances…
- arrêtes toi là tu veux bien?
Le dîner s’achève dans un silence gluant. J’essaie bien de glisser deux trois banalités, mais Djee les balaye par des “mm”, des “pff”, des “ah oui?”.
J’aurais aimé plus de joie, mais visiblement c’est pas tendance.
Je règle l’adition.
Nous sortons.
Je la raccompagne jusqu’à sa voiture.
Au moment de lui faire la bise, je la prends dans mes bras.
Notre baiser est passionné.
Tu veux des noms Djee?
Villon, Maupassant, Miller, Nin, Bukowski, Fante…
J’en ai plein des comme ça. Des écrivains amoureux et passionnés. Des écrivains que je place au dessus de tous les autres.
C’est la vie que je veux écrire.
La passion de la vie.
John Balek Silver, je t’emmerde.
L’ascèse c’est pas mon truc.
Mon combat c’est la vie. La passion. C’est celle-là que je veux aborder. Et sabre au clair!
C’est tout simplement ça.
“T’as pas tord moussaillon!”
Amibalek est toute verte.

9 Responses

  1. Très bon tout ça, très bon…

  2. j’espère en effet t’avoir fait sourire…

  3. Oh que oui!
    Je suis en train de reprendre les épisodes depuis le début, je n’avais lu que les derniers… C’est très sourifiant.

  4. Bien….pour une sieste d’aprés midi triste ,c’est bien cette passion, cette fougue, cette chaleur ,waaouuh!!! c’est puissant, voilà…et puis et puis …un peu inquiète et dans le suspens , car etre compagne de Buko, Miller et ses copains ,waouh waouh…..Villon, on ose à peine y songer …la création et la Maitresse Ecriture sont des concurrentes à transformer en alliées, espérons que Djee aura elle aussi cette puissance, j’en suis convaincue !!! Elle a l’intelligence de l’écoute, immense qualité!
    Alors Amibalek tu dis quoi de nos héros?
    C’est vrai, c’est trés trés bon tout ça, notre curiosité est en éveil, merci Balek!

  5. Moi aussi je souris!

  6. Ah Balek…

  7. si je puis me permettre, je dirais même…
    Aaaaaaaaaaaaah…. Baleeeeek. :oops:

  8. Après toi Oath !

  9. tu es trop génial balek !!! tu écris super bien et tes histoires sont de plus en plus intéressantes !! impossible de me détacher de ton blog !! j’ai envie de continuer à les lire mais je me dis qu’à l’allure ou je les lis il n’y en aura bientôt plus et que ce serait vraiment dommage !! alors continue sur ta lancée !!

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