Rêve, speed dating, Christina Ricci et femmes criquets. – Balek, épisode 94

Speed-dating en rêve. C’est vraiment n’importe quoi.
Je croise des figures mi-humaines mi-animales.
Comme cette nana au corps de Christina Ricci avec une tête d’ornithorynque.
Elle me parle du voilier de son ex qu’elle compte bien récupérer après le divorce. Mais un voilier coûte du fric à l’entretien et la seule compétence qu’elle a en matière de voile c’est faire du mono kini sur le pont en sirotant un bloody mary. Il lui faut donc un skippeur plutôt friqué.
Je me demande si elle est vivi ou ovipare.
Je l’imagine en train de pondre des petits oeufs façon mygale dans sa toile.
Je zappe et me voilà face à un petit pot de yaourt à tête de lézard.
Bon dieu! J’imagine mon rêve si j’avais picolé.

La fille ne parle que de sexe, que de ses déboires horizontaux, verticaux et autres frasques hormonales. Les hommes n’y comprennent rien, n’arrivent à rien. Ah si seulement elle trouvait l’Homme avec un grand H.
Mais elle désespère et se lamente en passant sa langue de trois mètres de long sur ses dents aussi avenantes que des lames de couteaux de cuisine.
J’ai un peu la trouille là.
Puis viens le tour de la vieille peau.Gueule de pute en retraite corps de vieux crapaud. Pustules suintantes sur peau luisante. Elle gratte quelques unes de ses croûtes avec nonchalance avant de les grignoter comme elle boufferait des chips.
Nauséeux.
Elle sait tout sur tout, et surtout sur les hommes et plus encore.
Un plus que je ne veux pas connaître.
Non, non, n’insiste pas avec ta gueule de Jeanne Moreau, je ne veux rien savoir.
Puis viens le tour des femmes criquets.
Ce n’est pas une, mais quinze femmes au corps de criquets et aux têtes de blondes peroxydées qui me font face. Quatre centimètres de long chacune tout au plus, en ligne sur la table vernie. Elles parlent, non elles chantent. Elles m’évoquent et me louent les charmes de la polygamie en choeur, sur des airs des années cinquante.
Wap doo wap.
Dans un ensemble parfaitement réglé, elles me lancent baisers et clins d’oeil.

C’est en sueur que je me réveille, Long Balek Silver se bidonne assis au pied de mon lit.
Je me prends un café serré, m’allume une clope.
Le soleil se lève sur les toits de Paris.
Des éclats de cuivre sur le zinc.
Je me dis que la journée s’annonce plutôt pas mal et me demande quand j’aurais droit à des rêves normaux.
J’ai du naître avec jonction improbable dans les neurones pour faire des rêves pareils.
A moins que je ne sois le fruit d’une expérience d’un obstétricien dément qui m’a glissé une capsule de LSD à diffusion lente quelque part dans la cervelle.
Aujourd’hui je décide de mépriser les obstétriciens sous le soleil de printemps.
Et le speed dating aussi.

5 Responses

  1. [...] plus profond de soi, sans fard, sans rien. Aller au plus humain. Au plus intime. Au plus personnel. L’épisode 94 de Balek est dans cette veine. A [...]

  2. Ta pas rever de moi avec un corp de buffle ?

    Je suis decu, mais je reconnais que christina ricci est un bon choix.

  3. Ouf, heureusement qu’il y a la lumière sur les toits de Paris pour remettre Balek en équilibre….. Trés amusant ,curieux ce Balek….sa relation avec les femmes…..un vrai roman…. Je sais pas vous..mais de temps en temps voire souvent,il me fait penser au héros doué et désabusé de Californication…de loin de prés je sais pas…. c’est ma sensation du jour en tous cas….

  4. salut balek !!

    et bien quel rêve étrange !! on a l’impression que le fait d’etre seul en ce moment te donne la nausée des femmes que tu les imagine d’une drole de façon ! ça fait peur qd meme !!! lol

  5. Bas ça aurais pus être pire, t’aurais put voire Cristina ricci en train de pondre des œufs dans un yaourt !

    Il te restais aussi un autre choix l’ovovivipare ! (ça c’est fourbe comme technique)

    Su ce, il faut que je retrouve mon Ornithorynque moi…

Leave a Reply